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“Il est logique de défendre les hommes qui ont risqué leur vie pour sauver la nôtre.” Sept rescapés sur Bataclan s’élèvent contre une “liquidation” de la Brigade de répression et d’intervention (BRI), l’unité d’élite qui les a sauvés le soir funeste du 13 novembre 2015.

Les “hommes en noir” de cette brigade “au grand coeur” pourraient être aspirés dans une réforme de la préfecture de police de Paris et rattachés au RAID de la police nationale. Car sur le plan opérationnel, la concurrence entre la préfecture de police – décrite comme un État dans l’État – et les brigades de la police nationale est prégnante.

Réformer la préfecture de police de Paris

Depuis plusieurs années, des velléités de réorganisation se font entendre. Le député Les Républicains, Philippe Dominati, a notamment préconisé dans un rapport de 2017 de transférer à la Direction générale de la police nationale (DGPN) et à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) “les compétences du préfet de police en matière de police judiciaire”.

Cette question a été remise sur la table après les attentats du Bataclan car, ce soir-là, le RAID aussi est intervenu mais en appui de la BRI, première arrivée. Pour éviter les doublons, le projet de réforme pourrait bien voir le jour puisque, selon France Inter, Didier Lallement, le préfet de police, a transmis à Christophe Castaner un rapport dans lequel il propose de rattacher la BRI au RAID.

Mais David, Grégory, Caroline, Stéphane, Marie, Arnaud et Sébastien ne comptent pas laisser disparaître la BRI sans rien faire. Dans une tribune publiée le 14 août, ces rescapés qui ont “rencontré (la BRI) dans les couloirs du Bataclan” exhortent l’Etat à être “respectueux envers ces policiers”. Dans leur missive, ils se disent “profondément désolés” par cette réforme.

Des hommes “qui ont pris des balles pour nous”

“Pourquoi liquider cette formation de la police unique et extrêmement efficace?”

L’un des sept auteurs, David Fritz-Goeppinger, reconnaît auprès de France Inter qu’il est “assez rare de devoir défendre les hommes qui ont pris des balles pour nous. Moi j’ai cette image en tête de ces hommes en noir qui rentrent dans le Bataclan, et du terroriste qui vide sa kalachnikov sur eux. C’est un truc qui ne me quittera jamais, et aujourd’hui je me rends compte que l’État fait complètement fi de tout ça, et parle tout simplement de les évincer”.

Mais pour l’heure, “rien n’est acté”, assure à France Info la préfecture de police qui devrait donc encore garder ses prérogatives en matière judiciaire.