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«Je ne peux pas continuer à mentir et je clamerai la vérité jusqu’au bout » lâche à la barre la maman de la petite Nahé. 

Hier après-midi, après l’examen des personnalités lundi, la cour d’assises est revenue sur les faits qui ont entraîné la mort de sa fille. Et là encore, les incompréhensions et les zones d’ombre subsistent dans cette affaire. D’abord, à cause des trois versions données par la mère de l’enfant durant l’instruction. Nahé aurait fait une chute à la rivière, puis dans la douche selon sa maman qui a fini par accuser son compagnon de l’époque d’avoir forcé la petite fille à boire de l’eau sous le robinet du lavabo. 

A la barre, hier, cette jeune femme de 30 ans a maintenu cette dernière version. « C’était le 20 janvier 2016. Je ne peux pas oublier cette date-là.  On s’était réveillés un peu tard. Nahé a bu son biberon. Cédric lui reprochait de ne pas boire assez d’eau. Il l’a mise sous le robinet et l’a forcée à boire de l’eau. Elle pleurait. Mon téléphone a sonné, c’était ma sœur. Je suis sortie de la maison car ça passait mal. Quand je suis revenue, elle avait vomi. Je l’ai rincée. Cédric m’a dit que ça n’allait pas, qu’elle avait perdu connaissance. Il m’a dit d’aller à l’hôpital. J’ai demandé à sa sœur de m’accompagner. Sur la route, j’ai vu que Nahé n’avait plus de pouls. J’ai appelé Cédric pour lui dire qu’elle ne respirait pas. Il m’a dit de revenir à la maison. J’ai laissé l’enfant dans la voiture et je me suis endormie… » 

Le médecin légiste va confirmer que l’asphyxie peut conduire au décès de l’enfant mais que, même en phase d’agonie, si les secours avaient été prévenus, le décès aurait pu être évité. 

« J’ai menti pour le protéger »

« Vous pensiez que Monsieur Démoléon pourrait faire quelque chose de mieux qu’un service d’urgences ? » interroge l’un des assesseurs de la présidente du tribunal. « J’étais perdue, je m’en remettais à lui » répond-elle timidement. 

« Comment peut-on rester aussi impassible, vous allez dormir alors que vous avez laissé votre enfant morte, dans votre voiture, sur la voie publique ? », questionne Maître Dinah Rioual-Rosier. « Je n’ai pas d’explications. J’ai commis une erreur ». Durant sa déposition, Cédric Démoléon secoue la tête à plusieurs reprises, comme pour nier la version racontée par son ex-compagne. 

La présidente du tribunal insiste aussi sur « les histoires adaptées » par la mère de Nahé lors de sa garde à vue, ou lors de la reconstitution. « J’ai menti parce que je voulais protéger mon ex-compagnon. Mais après, je me suis dit que je ne pouvais pas mentir sur la mort de ma fille, surtout pour sa mémoire ». 

Quant au lieu où le corps de la petite Nahé a été « jeté » et jamais retrouvé, la mère confirme qu’il s’agit de la route de Balata, du côté de la Trace, et précise que cela s’est passé le « même jour » que le décès.

L’experte psychologique qui a dressé la personnalité des trois accusés n’évoque pas l’« emprise » de son ex-compagnon, mais parle « d’un binôme ». Concernant sa relation avec sa fille, elle précise ne pas avoir trouvé l’instinct maternel. 

Cédric Démoléon, l’ex-compa-gnon de la mère de Nahé, est présenté comme un leader, qui « peut être impressionnant ». 

Il sera entendu ce mercredi, tout comme le voisin, jugé pour recel de cadavre.