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L’heure de la récréation venait de sonner. Les enfants jouaient dans la cour lorsque l’ordre d’évacuer a été donné.

Il ne s’agissait pas d’un exercice.

Vers 10h30, le groupe scolaire Saint-Genès à Talence a reçu un appel anonyme.

Au bout du fil, un inconnu annonçait l’imminence d’un attentat. 

Les responsables de l’établissement ont rapidement pris la décision de mettre les élèves en sécurité. 

Les 200 écoliers du primaire, et les 500 collégiens ont été escortés vers la sortie.

Certains, reconnaissent avoir eu un petit moment d’affolement. Clémence, une élève de 4ème  décrit :

On a tous fait une crise de panique

A ses côtés, sa copine Lou acquiesce : 

Moi, j’ai fait une crise de panique

L’adolescente explique : 

On a vu tout le monde courir, descendre les escaliers.

On a pas trop compris ce qui se passait.

Après, les professeurs nous ont dit de nous ranger. Ils ont fait l’appel et après ils nous ont tous envoyés à Saint Genès Bordeaux.

Tous ont pris, à pied,  la direction du lycée Saint-Genès, situé un peu plus d’un kilomètre plus loin, à Bordeaux..
La procession s’est déroulée dans le calme.

Dans le même temps, la police est arrivée sur place. Un périmètre de sécurité a été établi autour du groupe scolaire.
 

Les forces de l’ordre ont inspecté le groupe scolaire Saint Genès / © France 3

Une brigade spécialisée dans la recherche d’explosifs a été dépêchée sur place. École et collège ont été soigneusement inspectés.

Les policiers ont reçu le renfort de 2 chiens de la brigade cynophile.  

Les démineurs ont été appelés pour inspecter un colis suspect.

Après analyse, il s’agissait d’un carton rempli de cartouches d’encre, récemment déposé par un livreur.

Tout risque d’explosion est désormais écarté.
 

Les parents d’élèves ont été informés par SMS. Servanne, une mère de famille témoigne :

Je viens d’être prévenue par un texto que les enfants avaient été évacués vers Saint-Genès Bordeaux et qu’il fallait attendre d’autres renseignements. Apparemment le voyage s’est bien passé pour tout le monde. On attend un autre texto pour savoir où les récupérer.

Devant l’établissement, en fin de matinée, certains regrettaient d’avoir été alertés trop tardivement. D’autres déploraient d’avoir appris la nouvelle par les médias. Un jeune enfant dans les bras, Perrine est venu chercher son fils 

Je l’apprends là, en venant chercher mon garçon à 11h30 !
Je viens le chercher pour déjeuner.
Je suis très contrariée de  ne pas avoir été informée.
 

Mais tout est rentré dans l’ordre à la mi-journée.  Ecoliers et collégiens ont pu  reprendre les cours normalement à 14h00 aujourd’hui

Les parents qui le souhaitaient pouvaient aussi ramener leurs enfants à leur domicile. 

Une enquête est ouverte pour tenter d’identifier l’auteur de cet appel malveillant. Une fausse alerte à la bombe est un délit. 

Selon l’article 322–14 du code pénal : “Le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.