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L’heure n’est plus aux formules adoucies. Réunis vendredi soir (16 octobre) autour du préfet et de la direction du Comité martiniquais du tourisme (CMT), les socio-professionnels du secteur ont eu des mots très forts sur leur situation, qualifiée collectivement de « catastrophique ».

Serrer les dents et attendre que ça passe. Avec le moins de dommages collatéraux possible. Voilà un peu l’état d’esprit dans lequel l’ensemble des professionnels du tourisme semble se trouver aujourd’hui.

Réunis vendredi soir (16 octobre) à l’hôtel Batelière autour du préfet Stanislas Cazelles, de représentants du CMT et de la collectivité, les porte-parole des différentes branches (aérien, transport, hébergement, loisirs, restauration ou encore nautisme) ont eu des mots à la hauteur de leurs inquiétudes.

Cécile Ridarch, présidente du syndicat des agences de voyage de la place évoque « des chiffres d’affaires négatifs » en cascade, impossibles à tenir sur le long terme. Le casse-tête d’avoirs proposés aux clients et que l’on ne cesse de repousser. « C’est une vraie catastrophe », ajoute-t-elle encore.

Un terme qu’accole également et sans détour Eric Michel, délégué régional Air France, à la saison qui s’annonce pour la compagnie : « catastrophique ».

La saison de la croisière s’éloigne doucement

Philippe Lecuyer, à la tête du cluster de l’hôtellerie martiniquaise, émet une suggestion : « Ne pourrait-on pas prendre dans la cagnotte annoncée du plan de relance de 100 milliards qui devrait s’étaler sur plusieurs années (1), pour aider, en urgence, dès maintenant, les hôteliers qui en ont besoin ? » Notant que d’ici 2030, à ce rythme-là, de nombreux établissements auront mis la clé sous la porte. Il y a quelques semaines, Philippe Lecuyer avait révélé un recul du chiffre d’affaires de plus de 50% pour le secteur. Un chiffre qui pourrait flirter avec les « 80 % d’ici Noël ». « Et mobiliser des fonds européens sur la question ? », s’enquiert Yann Monplaisir, le 1er vice-président de l’Assemblée de Martinique.
Au fil des échanges, le préfet rappelle qu’un milliard d’euros ont été injectés en Martinique, depuis le mois de mars, via le plan d’urgence. « Les deux tiers l’ont été à travers le PGE (Prêt garanti par l’Etat ndlr), le reste en dépense directe. »
Pour Karine Mousseau, pour qui la saison de croisière s’éloigne doucement (voir la vidéo), l’heure est à la limitation de la casse pour l’ensemble du secteur : « On est en mode survie de l’offre touristique martiniquaise ».
√ Plus de détails dans notre prochaine édition

(1) Nommé « France Relance », ce plan contient une enveloppe de 100 milliards d’euros. Il a sur le long terme, l’objectif de « préparer la France à l’horizon 2030 ».

L’interview de Karine Mousseau à écouter ici :