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Le coût de la vie est toujours plus cher Outre-mer que dans l’Hexagone. Vérité historiquement démontrée, politiquement fondée, économiquement nécessaire. Il ne pourra en être autrement tant que nos territoires seront organisés selon la logique de l’ancien domaine colonial. Il ne pourra en être différemment tant que l’État se considèrera l’héritier de l’ancien empire.

Dès les premiers temps de la colonisation des Amériques par les puissances européennes, un principe est établi pour la gestion des possessions lointaines : “Pas un clou, pas un fer qui ne vienne de la métropole”. Il s’agit de réserver le commerce maritime aux armateurs européens, alliés de leurs gouvernements. C’est le régime dit de l’Exclusif.
 

Une donnée historique ancienne

Tout ce qui est vendu dans la colonie vient de sa métropole. Tout ce qui est produit dans la colonie est vendu dans sa métropole. Même quand il possible, sur le plan technique, de raffiner du sucre de canne sur place, par exemple, cela est interdit aux colons. Ils sont contraints fournir du sucre brut aux usines européennes.

L’idée est d’empêcher l’émergence d’une classe d’entrepreneurs susceptibles de revendiquer une forme d’émancipation une fois qu’elle se sera enrichie. Les contradictions entre ces colons et la puissance.

Aucune production ne peut être envisagée si elle n’entre pas dans le cadre étroit de ce régime. Les autorités administrant la colonie ne peuvent pas choisir les marchés d’approvisionnement. Les prix des marchandises importées sont mécaniquement tirés vers le haut, ne serait-ce qu’en raison des frais de transport. En outre, elles sont frappées d’une taxe à l’entrée du port. Sa version française est l’octroi de mer.
 

La donne n’a pas changé depuis quatre siècles

Quatre siècles plus tard, l’écrasante majorité des produits que nous consommons vient de France hexagonale et d’Europe de l’ouest. Notre production agricole, artisanale, industrielle ou touristique est très largement insuffisante pour couvrir nos besoins et enrichir le territoire. Nous restons contraints de nous approvisionner sur les mêmes marchés. Nous restons obligés de nous adresser aux mêmes consommateurs.

La vie chère est une donnée historique. Vouloir abolir cette logique revient à changer radicalement de système économique et donc, de régime politique. Y sommes-nous prêts ?
 

Source: Google news