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Vendredi, sur le site Change.org, un justicier du Web, « Superman du bac de maths », a publié, à la suite dudit examen, une pétition adressée au ministère de l’Éducation : « BAC S : C’ETAIT QUOI CE SUJET DE MATHS 2018 ? ». Non sans humour, la lettre dénonce la difficulté de l’épreuve, ses « notions abstraites » et des lignes brisées « hors programme ». Ces dernières sont effectivement absentes du Bulletin officiel du ministère pour le programme de tronc commun, mais pas inconnues au bac puisqu’elles figurent dans nombre d’annales.

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La pétition cartonne. Avec près de 70 000 signatures lundi soir (à comparer aux 190 000 candidats de la filière), elle bat, et de loin, le record du genre (54 000 personnes récriminant contre l’épreuve de maths en 2014). Parmi les soutiens, des parents (et des grands-parents) inquiets, des citoyens qui remettent en cause « la dignité de la France », des profs compatissants et des élèves qui paraissent aussi fâchés avec les maths qu’avec l’orthographe…

Interrogée par Le Point.fr, une professeur de mathématiques de la banlieue parisienne voit plutôt un sujet « banal ». Responsable d’une terminale S en difficulté scolaire, elle ne voit pas de piège, mais des exercices types, choisis à la suite des années précédentes et des programmes. « Le baccalauréat ne porte pas uniquement sur le programme de terminale, mais sur toutes les compétences acquises lors de la scolarité, rappelle-t-elle ainsi. Les échos des collègues sont similaires. Ce qui semble effrayer et déstabiliser les candidats est les quelques questions comme la dérivée qui peuvent demander une réflexion plus personnelle que les exercices types, mais, là encore, il n’y a rien d’insurmontable. » Sur Twitter, les avis sont contrastés. Il y a ceux qui pensent avoir passé un examen pour la Nasa ou Polytechnique, tandis que d’autres, plus rigoureux, se lancent dans une démonstration à dérouler pour conclure qu’il n’y a rien à signaler.

L’enjeu, lui, est de taille : l’épreuve de maths de série S est lestée d’un coefficient 7, voire 9 pour ceux en spécialité mathématiques. Persuadés d’être lésés, les signataires réclament une « harmonisation des notes », c’est-à-dire des consignes d’indulgence. Difficile d’estimer si le sujet était vraiment plus difficile que d’habitude avant la fin des corrections. C’est à ce moment-là, moyennes à l’appui, qu’un constat pourra être établi. En notant bien que les correcteurs reçoivent déjà des consignes de bienveillance lors des commissions d’harmonisation.

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