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EN IMAGES – L’élu s’insurge contre les incivilités des touristes qui ont grimpé cet été sur le toit de l’Europe

Insultes, coup de poing, «faux guides»… La ville de Saint-Gervais en Haute-Savoie s’alarme des comportements irrespectueux qui se multiplient selon son maire dans l’ascension du Mont-Blanc.

«Le summum de l’irrespect est-il atteint?», s’interroge dans un communiqué le maire Jean-Marc Peillex, listant les pires attitudes récemment signalées par des guides et d’autres témoins. Dans un tweet, il assène: «Les bouffons sont toujours sur le #montblanc». La ville de Saint-Gervais est le point de départ de la voie normale, dite du Goûter, vers le sommet du géant alpin (4810 mètres), situé à la frontière franco-italienne.

Le «couloir du Goûter» sur la voie normale d’accès au Mont-Blanc. PHILIPPE DESMAZES/AFP

Ainsi, mercredi 15 août, un guide reçoit un coup de poing en croisant une cordée de huit personnes originaires d’Europe de l’Est au motif qu’il ne s’est pas arrêté pour les laisser passer. Un autre se fait insulter dans le refuge du Goûter, situé à 3815 mètres d’altitude, pour avoir précisé qu’un piolet se remisait dans le local à crampons. Un troisième est volontairement bousculé sur l’arrête des Bosses par quatre Espagnols mal encordés et mécontents de s’être fait doubler. Dans la montée du Dôme du Goûter, trois imprudents font la sieste côte à côte sur un pont de neige… Plus loin, un abri de détresse est rendu inaccessible, «privatisé» par une vingtaine de personnes.

Le 11 août, ce sont des Lettons qui ont tenté de monter avec un mât de 10 mètres pour hisser leur drapeau national au sommet du Mont-Blanc. Alertés par le maire, les gendarmes les ont bloqués. Un touriste a même planté sa tente au sommet du Mont-Blanc, a ajouté le maire qui dénonce également la présence sur l’itinéraire de plusieurs «faux guides», qui n’ont évidemment pas le droit d’exercer.

«Ce ne sont pas moins en moyenne de 80 alpinistes par jour qui se sont empressés de monter au refuge du Goûter du 5 au 14 août», une période pendant laquelle la préfecture avait recommandé aux alpinistes de différer leur ascension en raison de la canicule qui provoquait de dangereuses chutes de pierres. Courant juillet, Jean-Marc Peillex s’était dit prêt à fermer le refuge si le préfet ne faisait pas respecter les règlements.

Depuis le début de l’été, un seul mort est à déplorer sur la voie normale menant au Mont-Blanc, contre douze en 2017 à la même époque sur l’ensemble des itinéraires vers son sommet.

Le maire termine son communiqué par cet appel: «En 2019 plus rien ne devra plus être comme avant et le Mont-Blanc devra retrouver sa dignité perdue!».

L'aiguille verte du Mont-Blanc. L’aiguille verte du Mont-Blanc. GUILLAUME SOUVANT/AFP